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Au nom de la terre

Au nom de la terreDate de sortie : 25 septembre 2019

Durée : 1h43

De : Édouard Bergeon

Avec : Guillaume Canet, Veerle Baetens, Anthony Bajon

Genre : Drame, inspiré de faits réels


Résumé : Pierre a 25 ans quand il reprend la ferme familiale. Des années plus tard, l’exploitation s’est agrandie, la famille aussi. C’est la période heureuse., mais ça ne va pas durer. Les dettes s’accumulent et Pierre se tue au travail. Malgré l’amour de sa femme et ses enfants, il sombre peu à peu…  D’après la propre histoire du réalisateur, Édouard Bergeon, le film porte un regard réaliste sur l’évolution du monde agricole de ces années.


Avis : quand on va voir un film au cinéma, c’est qu’on a envie de le voir. Après on a le droit d’être déçu ou pas. Et combien de fois suis-je sortie avec la conviction qu’un film a changé ma vie. Pas souvent.  Au nom de la terre fait partie de ces films triés sur le volet qui nous bouleversent d’une façon qu’on peut à peine imaginer.

C’est un film social, réel, trop réel peut-être parce qu’il est si dur à regarder sans détourner les yeux une seule fois. Il est d’une violence qu’on ne retrouve pas dans la fiction mais dans le quotidien de chacun.

En le regardant, j’espérais doucement en retarder l’échéance, une fin que tout le monde aimerait voir différente.

La crédibilité de ce film repose aussi beaucoup sur le jeu d’acteur de Pierre (Guillaume Canet) mais aussi de sa femme (Veerle Baetens) et j’ai surtout été impressionnée par la performance de Anthony Bajon qui joue le fils Thomas. Ces acteurs font vivre le film, ils le rendent authentique et vrai.

On y voit des relations, d’amour sincère d’une femme qui fait absolument tout pour ne pas abandonner son mari qui perd pied. De la peur aussi, peur de le voir sombrer, de le voir s’acharner sur ce qui n’a plus de sens.

Attention si vous n’avez pas vu le film cette partie parle de la fin.

« Au nom de la terre » est un appel à la prévention, il informe sur le sujet du suicide dans le monde agricole. C’est le thème principal du film, on le sait depuis le début, on le redoute en tout cas. Moi qui m’attendais à une mort presque poétique ou on ne voit pas, on ne fait que l’imaginer. Ce n’était pas le cas évidemment, on regarde cette scène d’une violence dont on n’a même pas idée, on voit un homme dans la détresse qui ne trouve plus de solutions, un homme sans vie. Je crois que la vision de la femme et des enfants est encore pire, l’espoir auquel ils se raccrochent pour essayer de sauver un homme qui a déjà baissé les bras. La panique, les pleurs et le silence plus déchirant encore qu’un cri traversant la nuit.

La thématique du suicide est trop peu représentée au cinéma, je peux compter sur mes doigts les films et séries traitant de ce sujet sans filtre, sans un voile de pudeur au-dessus de lui.

Je conseille ce film, je le recommande plus que tout parce que c’est trop important pour passer à côté. On a besoin de ce genre d’œuvre, on a besoin de ces réalisateurs qui n’ont pas peur de choquer. Cependant il n’est pas à prendre à la légère, vous devez savoir en rentrant dans cette salle de cinéma que vous en ressortirez changé dans votre façon de voir le monde qui vous entoure. Moi je l’ai été.

Films du mois #2 Octobre

Voila ma liste du mois d’octobre, bonne lecture et surtout bon visionnage.


Alice et le maire, Nicolas Pariser          (cinéma)

La délicatesse, David Foenkinos        

Ecrire pour exister, Richard LaGravenese      

Natural, Barry Levinson        

Les petits maitres du grand hotel, Jaques Deschamps       (cinéma)

Joker, Todd Phillips           (cinéma)

Robin des bois, Ridley Scott      

Harry Potter et la coupe de feu, Mike Newell       

Gatsby le magnifique, Jack Clayton          (cinéma)

Nos defaites, Jean Gabriel Periot            (cinéma)

Au nom de la terre, Edouard Bergeon          (cinéma)

Les gardiens de la galaxie, James Gunn      

Harry Potter et le prince de sang mêlé, David yates       ⭐⭐

Night and day, James Mangold         ⭐⭐⭐

Zombieland, Ruben Fleischer        ⭐⭐⭐

Docteur Strange, Scott Derrickson       ⭐⭐

Les choristes, Christophe Barratier      ⭐⭐⭐⭐

Martin Eden, Pietro Marcello    ⭐⭐⭐⭐

Sorry we missed you, Ken Loach     ⭐⭐⭐

The laundromat, Steven Soderbergh      ⭐⭐⭐

Mudbound, Dee Rees    ⭐⭐⭐

Inside man, Spike Lee  ⭐⭐⭐

12 hommes en colère, Sidney Lumet  ⭐⭐⭐⭐

Manipulation, Shintaro Shimosawa 

Misericorde Departement V, Mikkel Norgaard    ⭐⭐⭐

Le traitre, Marco Bellocchio  ⭐⭐

Men in black 3, Barry Sonnenfeld   ⭐⭐⭐

Une femme, Annie Ernaux

 

Une femmeRésumé : Le lundi 7 avril 1986, la mère d’Annie Ernaux meurt dans une maison de retraite. Frappée de stupeur par cette mort que malgré l’état de sa mère elle s’était refusée à imaginer, Annie Ernaux s’efforce de retrouver la vie de celle qui était l’image même de la force active et de l’ouverture au monde.


Avis : J’ai lu ce livre pour l’école, j’ai beaucoup de mal avec le fait d’être obligée de lire pour les cours, pourtant, je l’ai aimé, j’ai apprécié ce roman. « Une femme » est critiqué par beaucoup car il est presque identique à l’un de ses précédents romans « La place » qui parle de son père.

Je m’en rends compte en écrivant ces lignes que je fais cette critique de manière très scolaire, mais je ne peux pas faire autrement.

Une manière pour Annie Ernaux d’accepter par l’écriture, accepter la mort, la perte d’un être aimé. Elle essaie plus que tout de faire son deuil. Le livre retrace la vie de sa mère, son enfance, l’âge adulte, le moment où elle tombe malade…

Par ce roman l’auteur se lie avec sa mère, elle parle des bons moments sans pour autant cacher les plus durs. Elle dépeint le visage d’une mère qui veut plus que tout au monde le bonheur de sa fille et qui est prête à tout pour la voir réussir.

Ce livre est réel et universel. Annie Ernaux ne nous trompe pas sur la mort, sur la dureté de l’acceptation et du deuil. Très crue dans sa façon d’écrire, c’est, d’après moi, une manière de prendre de la distance avec ce qu’elle écrit. Certains pourraient la trouver froide mais je la trouve seulement désespérée et profondément peinée.


Je vous laisse avec un passage que j’aime bien :

« Il me semble maintenant que j’écris sur ma mère pour, à mon tour, la mettre au monde. »

Portrait de la jeune fille en feu

Date de sortie : 18 septembre 2019Portrait de la jeune fille en feu

Durée : 2h00

De : Celine Sciamma

Avec : Noémie Merlant, Adèle Haenel

Genres : Drame, historique


Résumé : 1770. Une jeune peintre, Marianne. Elle doit réaliser le portrait de mariage d’Héloïse, une jeune femme qui vient de quitter le couvent. Héloïse résiste à son destin d’épouse en refusant de poser. Marianne va devoir la peindre en secret. Introduite auprès d’elle en tant que dame de compagnie, elle la regarde.


Avis : Comment expliquer ? Assise dans une salle de cinéma, les yeux fixés sur l’écran, je me suis pris une claque. La beauté, la justesse de ce film me sont arrivées en pleine figure. Je me suis noyée dans cette époque, dans cette maison qui craque où il doit faire si froid le soir.

Je ne sais pas comment faire pour décrire ce film sans tomber dans les citations toutes faites des magazines.

On n’est jamais prêt à ce qu’on va voir, je ne l’étais pas et quelque part je ne le suis toujours pas. Les mots me manquent pour décrire cet amour, et quel amour ! Quel amour est plus fort que celui ci ? Éternel ou éphémère.

Vous avez évidemment compris, c’est un recommandation. Un titre comme je les aime, beau et attachant, une couverture qui dit tout sans qu’on n’en sache rien. Un film avec seulement 2 bandes son. Les moments de silence, seulement brisés par le craquement du parquet ou les vagues qui déferlent sur la plage. Les regards, dans cette œuvre, sont puissants, ils font que le film est si beau, si esthétique. En parlant d’esthétique, les paysages sont à couper le souffle, la couleur globale très bleu est ce que je préfère dans les films.

Je vous ai parlé des actrices ? Un duo de génie, des actrices parfaites qui arrivent avec tellement de justesse, à nous parler sans dire un mot, à nous faire pleurer avec un simple regard, une simple expression du visage.

Jamais je ne pourrai finir correctement cette critique car il y a encore tellement de choses à dire. Regardez le en oubliant tout ce que je viens de vous dire. Regardez le en ignorant tel que je l’étais quand je suis rentrée dans cette salle de cinéma.